dimanche 7 avril 2013

Seuls les dirigeants visionnaires tireront parti des RSE


Avant d'évoquer les bénéfices et le ROI ou RSI des Réseaux Sociaux d'Entreprise, je voudrais préciser sur quel périmètre j'utilise la notion de RSE. En effet, de l'idée initiale qui était de mettre des fonctions interactives de communication pour décloisonner les "silos" de connaissance, ma vision évolue vers une "socialisation" globale du système d'information de l'entreprise, voire un poste de travail totalement modifié d'ici à quelques années.
Nous sommes quelques-uns à penser (Frédéric CAVAZZA ou Bertrand DUPERRIN) que le poste de travail aujourd'hui majoritairement organisé autour de la messagerie électronique et de la bureautique ainsi que du portail donnant accès aux différents applicatifs est un modèle finissant qui sera bientôt remplacé par une interface évoluée d'accès à toutes les informations de l'entreprise dans un "esprit RSE". Ce poste du futur sera beaucoup plus qu'une simple brique applicative supplémentaire  et fusionnera de nombreux flux (messagerie électronique traditionnelle, réseaux sociaux professionnels, informations issues des logiciels Métier ...). 

Toutes les entreprises sont confrontées à la croissance du volume d'informations internes et externes. Au delà de toute technologie ou de concepts à la mode (web 2.0, big data ...) des progrès doivent être réalisés sur 2 axes majeurs :
  1. L'accessibilité à l'information et la productivité qui en découlent. Sur ce point l'approche des réseaux sociaux appliquée à l'entreprise et en particulier la centralisation des informations de différentes natures et sources dans "mon fil d'activités" peut paraître anodin mais reste un élément essentiel. Certes, les outils disponibles doivent encore progresser et permettre de réellement fusionner les e-mails avec les contenus produits à l'intérieur du RSE. Le débat du "zéro e-mail" disparaîtra rapidement.
  2. La pertinence de l'information et la capacité du système à nous apporter le contenu utile au moment opportun sans avoir à lancer de recherche spécifique. Alors que nous travaillons sur un sujet donné, le système nous signale qu'un modèle de document existe, qu'un collègue d'une autre unité travaille sur ce sujet, qu'une recherche web a déjà été effectuée... On voit ici apparaître la puissance des moteurs de recherche/recommandations appliquée au travail de chacun dans l'entreprise. 
L'enjeu n'est plus le simple partage des connaissances mais l'utilisation judicieuse de celles-ci dans l'activité de chaque collaborateur pour lui permettre un "acte métier" plus juste, plus rapide, plus riche, plus adapté au contexte donc plus qualitatif et plus compétitif.
Cependant pour obtenir ces bénéfices, il est nécessaire :
  1. Pour augmenter l'accessibilité à l'information, que le maximum de briques applicatives, bases de données, etc. soient connectées au RSE ou à cette nouvelle interface "social".
  2. Pour obtenir la pertinence des recommandations, voire la sérendipité, d'atteindre un volume significatif de documents, contributions, personnes... En effet un réseau qui ne rassemblerait que 10% de l'effectif cible aurait bien peu d'intérêt.
Par conséquent les dirigeants (DG, DSI, DRH, DIRCOM...) qui ont compris la valeur ajoutée du SI "social" sont confrontés à la gestion de la transition vers cet état optimal et doivent :
  • Consolider leur vision notamment en s'inspirant des succès des autres 
  • Projeter cette vision à 2 ou 3 ans et la décliner en projets phares
  • Définir avec leurs équipes et partenaires :
    • Les bénéfices métiers attendus et le retour sur investissement 
    • Les indicateurs de "mi-chemin" : ceux qui montrent que l'on est dans la bonne direction même s'ils n'ont pas de valeur finale (les inscrits, la participation, les contributions ...)
    • Une gouvernance adaptée à ce type de projet (clarté de la feuille de route, exemplarité dans l'usage, identification d'évangélistes internes) 
  • Ne pas hésiter à tester et reformater les projets, non pas sur la base du simple critère d'adoption ou de l'adéquation fonctionnelle à un cahier des charges mais sur l'analyse fine de la capacité des projets à atteindre la vision.

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